L'Association les Amis Audressellois d'Edmond Marin-la-Meslée (AAEMM)










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“…Lorsque je le vis arriver en 1937, sur le terrain de Reims, je fus séduit par ce grand garçon racé, aux yeux francs, au regard direct. Ses gestes pleins d’aisance et son élégance naturelle traduisaient un équilibre de bon augure pour un chasseur, et la finesse de son esprit en faisait un officier brillant …”

Capitaine Jean-Mary Accart commandant la première escadrille du GC I/5

Téléchargements AAEMM – Commandant Marin-la-Meslée

Marin-la-Meslée, un héro de l’aviation, 1948 (par Antoine Rédier)… Pour télécharger le document cliquez ici

Extrait du courrier AIR mai 1945, numéro qui fut dédié au commandant Edmond Marin-la-Meslée, l’as aux vingt victoires… Pour télécharger le document  cliquez ici

Biographie AAEMM du commandant Edmond Marin-la-Meslée… Pour télécharger le document cliquez ici 

Vidéo : mai 1940, nos jeunes pilotes de chasse à l’entrainement ; capitaine Jean-Mary Accart et lieutenant Edmond Marin-la-Meslée…

COMMANDANT EDMOND MARIN-LA-MESLÉE

Edmond Marin-la-Meslée naît le 5 février 1912 à Valenciennes, dans le Nord. Son père est l’un des artisans du développement de l’aviation dans le Nord-Pas-de-Calais, il est l’ami de Louis Couhé, futur pilote de chasse et compagnon de Georges Guynemer à l’escadrille des Cigognes, président fondateur de l’Association des Officiers de Réserve de l’Aéronautique (AORA, aujourd’hui ANORAA). Enfant, Edmond Marin-la-Meslée vient régulièrement passer ses vacances à Audresselles, village de pêcheurs du Pas-de-Calais, sur la Côte d’Opale. Sa famille y loue une maison pour les vacances.

Edmond Marin-la-Meslée effectue ses études secondaires à Valenciennes puis à Lille. Il obtient son baccalauréat en 1929.

Rapidement passionné par l’aviation, il passe son brevet de pilote le 1 er août 1931, à l’école de pilotage Morane-Saulnier de Villacoubay. Il devance alors l’appel, intègre les écoles de pilotage d’Istres et Avord comme Élève Officier de Réserve. Nommé sous-lieutenant de réserve le 20 septembre 1932, il est affecté au 2e régiment de chasse de Strasbourg. Souhaitant poursuivre une carrière de pilote militaire, il n’hésite pas à l’issue de son service  actif à souscrire un engagement en tant que sous- officier pilote militaire. En septembre 1936, il réussit le concours de l’École des Officiers d’Active basée alors à Versailles.

Le 1er octobre 1939, Edmond Marin-la-Meslée  est nommé lieutenant au sein du Groupe de Chasse I/5. Affecté à l’escadrille SPA 67, commandée par le capitaine Jean-Mary Accart, il est nommé commandant en second de cette escadrille. Le GC I/5 vient d’être équipé de Curtiss H-75. Il est mis en état d’alerte le 23 août 1939, et déménage vers son terrain d’opérations de Suippes dans la Marne le 27 août de la même année. 

 
 

L’unité est composée de 23 pilotes, 39 mécaniciens, 22 hommes de troupe et 27 avions.

Le jeune pilote se montre pressé d’en découdre avec l’ennemi.  Le 11 janvier 1940, il remporte sa première victoire en abattant un Dornier 17 dans le secteur de Longwy. Puis à partir du déclenchement de l’offensive  allemande du 10 mai 1940, il accumule les victoires : trois Junkers 88 Stuka abattus le 12 mai, un chasseur Messerschmitt 109 détruit le lendemain puis trois bombardiers Heinkel 111 le 18 mai. Le 14 mai le groupe de chasse est déplacé à Saint-Dizier ( Haute-Marne).

Le 2 juin, le lieutenant Marin-la-Meslée prend le commandement de l’escadrille SPA 67 en remplacement du capitaine Accart, grièvement blessé à la tête en combat aérien la veille.

La majorité du groupe de chasse est ensuite progressivement repliée dans le sud du pays : Saint-Parres-lès-Vaudes le 11 juin, Avalon le 12 juin, Bourges le 13 juin, puis Carcassonne le 17 juin.

Le 20 juin, le GC I/5 traverse la Méditerranée pour être affecté en Algérie (Alger- Maison Blanche le 20 juin, Saint-Denis-du-Sig le 22 juin, puis Oran La Sénia le 9 juillet) et enfin le Maroc le 14 juillet.

Au total, durant cette campagne de France, le groupe de chasse I/5 du commandant  Jacques-Louis Murtin s’est  bien battu : il a remporté 111 victoires, dont 85 confirmées, d’où son surnom de « groupe des 111 ».

Sur les dix pilotes de l’Armée de l’air ayant abattu au moins dix avions ennemis, sept appartiennent au GC I/5 dont quatre à l’escadrille SPA 67. Il s’agit de Jean-Mary Accart, du Tchécoslovaque Frantisel Périna, de François Morel et surtout d’Edmond Marin-la-Meslée. En effet, celui-ci totalise à la fin de cette campagne 20 victoires, dont 16 homologuées, remportées au cours de 101 missions de guerre. Il est, de ce fait, l’as de la chasse française de la campagne de France.

Après l’armistice, au cours de l’été 1940, son groupe de chasse est affecté au Maroc : Meknès le 14 juillet, Fès le 23 juillet et finalement Rabat le 17 août.

Le groupe doit assurer la surveillance et la protection de cette partie de l’Afrique Française.

Marin-la-Meslée est promu capitaine en décembre 1941, il succède officiellement au capitaine Accart à la tête de la 1 re escadrille du GC I/5. Fidèle à l’État Français du Maréchal Pétain, le groupe de chasse s’oppose au débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942. Finalement, le groupe poursuit les combats aux cotés des Alliés.

Les américains équipent le GC I/5, qui s’appelle maintenant « Champagne » d’abord de chasseurs Curtiss P-40 en novembre 1942, puis P-39  Aircobra en juin 1943. Le 8 août 1943, Edmond Marin-la-Meslée devient le second de son groupe de chasse qui est intégré au dispositif aérien allié dénommé BCC ou Bône Costal Command. Le « Champagne » s’installe sur les terrains de Médiouna le 1er août, puis Tafraoui le 2 septembre. Ses missions sont alors la protection des convois maritimes et la surveillance des côtes oranaises. Le général de Gaulle visite l’unité le 13 avril 1944.

Devenu commandant effectif du groupe de chasse basé à Oran La Sénia depuis le 3 janvier 1944, Edmond Marin-la-Meslée est promu officiellement au grade de commandant en juin 1944.

Le 30 septembre, un mois et demi après le débarquement allié en Provence, ses 18 Bell P-39 Q se posent sur le sol français  à Salon-de-Provence, puis sur le terrain nommé Le Vallon le 11 octobre. Début novembre, les avions sont remplacés par des chasseurs–bombardiers  Republic P-47 Thunderbolt. Les missions consistent à appuyer les troupes françaises et alliées déployées au sol, qui pourchassent les Allemands le long de la vallée du Rhône. Le groupe effectue également quelques vols sur le nord de l’Italie. Le 4 décembre, le GC I/5 « Champagne », appartenant dorénavant à la Tactical Air Force (TAF) quitte son théâtre d’opérations pour se déployer à Ambérieu-en-Bugey (Ain) afin de soutenir les efforts de la 1re Armée française dans la bataille d’Alsace. 

Les pilotes sont alors hébergés dans un château appartenant à la famille d’Antoine de Saint-Exupéry.

Les nouvelles missions du GC I/5  « Champagne », qui dispose de 25 avions et 32 pilotes répartis en deux escadrilles SPA 67 et SPA 75, sont alors l’appui direct, le bombardement et le mitraillage. Le 29 décembre, le GC I/5 « Champagne » de Marin-la-Meslée, réduit seulement à 13 appareils disponibles, est transféré jusqu’à la base de Travaux près de Dole dans le Jura.

La dernière mission le 4 février 1945

Le 4 février 1945, veille de ses 33 ans, Edmond Marin-la-Meslée décolle pour sa 232 e mission de guerre (mission OA-82) à la tète d’une formation de trois patrouilles. Les 11 chasseurs bombardiers P-47 Thunderbolt portent chacun deux bombes de 500 livres, sept portants des bombes explosives et quatre des bombes incendiaires. L’objectif fixé par le commandement du 1er corps aérien de Mulhouse est initialement le village allemand de Hugelsheim, au nord-est du pont de Chalampé. Il est finalement modifié par le PC aérien de Mulhouse pour un objectif secondaire : le pont de bateaux ou « portière », enjambant le Rhin à quelques kilomètres de Neuf-Brisach. Cette opération, qui intervient dans le cadre des combats de la réduction de la poche de Colmar, est un succès : la cible est traitée sans pertes.

Au retour du bombardement, un nouvel objectif est communiqué par radio :

Mitrailler les routes à l’ouest du Rhin entre Neuf-Brisach et Ensisheim. Le commandant Marin-la-Meslée repère une colonne ennemie évoluant au nord de la forêt de la Hardt, sur l’actuelle départementale 13 reliant Balgau à Dessenheim. Une première passe atteint le convoi mais emporte le sergent-chef Pierre Uhry, dont le P-47 Thunderbolt qui est touché de plein fouet par la DCA allemande, s’écrase sur une ferme. La fumée dégagée par un véhicule en flammes gène la vision. Alors qu’il effectue un deuxième passage sur l’objectif pour observer les résultats du mitraillage, l’avion du commandant est touché par un obus de 40 mm tiré part la Flak, la défense anti-aérienne allemande.

Le P-47 n°44-20384 s’écrase dans un champ de seigle entre Rustenhart et Dessenheim, deux villages du Haut-Rhin. L’avion glisse sur le sol, se morcèle mais ne s’embrase pas, Marin-la-Meslée, un éclat d’obus logé dans le cervelet, est dégagé du cockpit et sa dépouille mortelle transportée par les troupes allemandes à Rustenhart. L’aviateur, à qui un peloton ennemi rend les honneurs, est laissé à l’abbé Weber qui se charge des funérailles. Le 10 février, le GC I/5 « Champagne » apprend la nouvelle de la découverte du corps de son commandant, la veille, par des unités alliées. Des obsèques ont lieu le 12 février à Rustenhart.

Quelques jours plus tard, une cérémonie solennelle est célébrée en la collégiale Notre-Dame de Dole, ville d’affectation de l’unité du commandant, en présence du général commandant  le 1er corps aérien français, le général Bouscat. Celui-ci termine son hommage funèbre par ces mots :

« Marin-la-Meslée, je ne salue pas en vous un mort. Rien ne peut mourir de ce qui demeure de vous parmi nous. L’aviation française est marquée à jamais de votre empreinte.  Aussi bien  sentons-nous le besoin, nous qui vivons loin de terre, d’être guidés dans le ciel par des phares bâtis sur des sommets inaccessibles. L’autre guerre nous a donné Guynemer ; l’entre deux-guerre a vu grandir et mourir Mermoz. Cette guerre-ci restera éclairée pour toujours par votre lumineuse figure, Marin-la-Meslée, pur et grand soldat de l’Air »

Le commandant Marin-la-Meslée, chevalier de la Légion d’honneur (1940), était titulaire de la croix de guerre avec onze palmes et une étoile d’argent, et de la Distinguished Flying Cross (DFC) américaine, il a été cité dix fois à l’ordre de l’armée et avait accompli 232 missions de guerre en 334 h 20 de vol, il repose depuis 1950 sur le lieu même où il trouva la mort, au pied d’un mausolée en forme d’étoile construit à Dessenheim.

Source : l’association les Amis Audressellois d’Edmond Marin-la-Meslée (AAEMM)

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